Jean MIGNON vient de nous quitter à l'âge de 89 ans. Homme autant engagé et dévoué que modeste et discret, il a marqué Saint-Lô tout au long d'une vie aux multiples facettes.

Né en Allemagne de parents originaires de la Manche, Jean MIGNON grandit à Saint-Lô et y subit, âgé de 14 ans, les bombardements de 1944. Très marqué par cet événement dont il a toujours gardé un souvenir précis, il n'eut de cesse, depuis sa retraite, de témoigner de cet épisode dramatique en particulier auprès des plus jeunes, pour que la mémoire n'en soit jamais oubliée.

En 1950, après son service militaire au Maroc, il entre comme commis au service automobile de la Préfecture de la Manche. C'est pour lui le début d'une grande carrière consacrée à servir l'intérêt général. En 1962, il est chargé d'aider les maires de la Manche à mettre en œuvre le statut des fonctionnaires communaux. Avec les lois de décentralisation de 1983-1984, il devient le premier directeur du Centre de Gestion de la fonction publique territoriale de la Manche, organisme chargé d'accompagner les collectivités locales dans la gestion des carrières des agents publics. De manière précoce, il en informatise le service en 1990, juste avant son départ en retraite.

Son sens du bien public se traduit par son engagement syndical et politique. Grand militant, membre fondateur de la section CFTC de la Préfecture de la Manche, il adhère au Parti Socialiste en 1974 et est propulsé tête de liste aux élections municipales de 1977 à Saint-Lô. Sa liste l'emporte mais il renonce, par choix, à la fonction de maire, au bénéfice de Bernard DUPUIS. Dans la lignée de son engagement professionnel, il occupe alors le poste d'adjoint au maire en charge du personnel communal. Je sais qu'il fut toujours très attaché, dans ses fonctions, à promouvoir le dialogue pour résoudre les problèmes et à faire porter la voix des agents qu'il jugeait insuffisamment représentés.

Réélu adjoint au maire à la suite des élections municipales de 1989, il conduisit le projet de création d'un Mémorial en hommage aux libérateurs américains de Saint-Lô au sein de la Chapelle de la Madeleine. Pendant vingt ans, comme guide des lieux, il accueillit des centaines de vétérans qu'il remerciait avec émotion et sincérité. Ses classeurs remplis de correspondances avec ces vétérans en témoignent. Il racontait, avec une érudition et une pédagogie rares, la bataille pour la Libération de Saint-Lô. Je me souviens des nombreux dons qu'il a suscités en faveur de la chapelle de la Madeleine, qui ont permis au Mémorial de se développer.

En 2011, il avait été fait citoyen d'honneur de la Ville de Saint-Lô.

Sa disparition laisse aujourd'hui un grand vide. C'est un pan entier de la mémoire de Saint-Lô qui s'en va. Avec le comité de jumelage Saint-Lô 44 - Roanoke, la municipalité continuera de veiller sur la Chapelle de la Madeleine pour que le message de mémoire que Jean MIGNON portait continue à trouver un large écho.

Je garde de lui le souvenir d'un grand militant, d'un homme affable, engagé pour le bien public, d'un passionné d'histoire inlassable passeur de mémoire. Au nom du Conseil municipal de la Ville de Saint-Lô et des Saint-Lois, je lui rends un vibrant hommage et adresse à sa famille mes plus vives condoléances.

 

François BRIERE, Maire de Saint-Lô

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