La Cité préfectorale est entourée de remparts où s´élève l’église Notre-Dame. Une ville qui conjugue mémoire, présent et avenir.  Saint-Lô est fière de ses racines. Elles remontent au temps des Vikings, en passant par l'évêque Laud et le témoignage de toute une vie économique autour de la Vire. Aujourd'hui Saint-Lô relève les défis de l´histoire en se tournant résolument vers demain tout en valorisant un patrimoine qui réserve bien des surprises.

 

De l’époque gallo romaine au Moyen-Age

À l’époque gallo-romaine, la cité s'appelle Briovère (ou Briovera), « le pont sur la Vire » en langue celtique. Occupée par la tribu gauloise des Unelles du Cotentin, la ville est ensuite conquise par les Romains.

Puis, la région est le théâtre des diverses invasions saxonnes au cours du IIIe siècle. Le christianisme se développe assez tardivement ; on ne compte que quatre évêques de Coutances avant 511. Après la mort de l'évêque LAUD de Coutances, il est béatifié et particulièrement honoré à Briovère, qui aurait abrité son tombeau. Un pèlerinage y est effectué et la ville prend alors le nom de Saint-Laud.

En 889, les Vikings remontent la Vire et assiègent Saint-Lô. Protégée par des remparts solides construits un siècle auparavant par Charlemagne, la ville ne se rend pas. Les assaillants coupent alors l'approvisionnement en eau, ayant pour conséquence la reddition des habitants. Les Vikings massacrent les habitants, dont l'évêque de Coutances, puis rasent la ville.

À partir du XIe siècle, la cité connaît un fort développement économique sous l'impulsion de Geoffroy de Montbray, évêque de Coutances et baron de Saint-Lô. L'industrie textile, mais aussi les orfèvres, les tanneurs et les couteliers font la fortune de la ville. Saint-Lô est alors très prospère. Au XIIIe et XIVe siècles, la cité occupe la troisième place du très riche duché de Normandie, derrière Rouen et Caen.

 

Du XVIe au XXe siècle

Saint-Lô est une des villes pionnières pour le protestantisme en France. Elle subit de plein fouet les guerres de Religion. La Révocation de l'Édit de Nantes entraîne le départ de très nombreux artisans huguenots. Ceci est une des causes du déclin de la ville.

Les huguenots, tenant Saint-Lô et Carentan, vont piller Coutances en 1562 et se saisissent de l'évêque Artus de Cossé-Brissac qui est traîné dans la ville de Saint-Lô sur un âne. Mais alors que l'édit de pacification d'Amboise a incité la ville à se soumettre à Charles IX, en février 1574, les protestants normands font de Saint-Lô leur quartier général. Les troupes conduites par le Maréchal de Matignon assiégent la ville le 1er mai et montent à l'assaut dix jours après. On compte plus de 500 morts dont le chef Colombières, seigneur de Bricqueville, mais le grand capitaine protestant Gabriel Ier de Montgomery s'échappe par la porte de la Dollée.

En 1576, la baronnie de Saint-Lô est cédée à Jacques II de Matignon, Comte de Torigni, membre d'une des plus puissantes familles de France. Son descendant, Jacques IV, épouse en 1715 l'héritière des Grimaldi. En 1731, le Comte de Torigni et Baron de Saint-Lô devient donc Prince de Monaco. Aujourd'hui, Albert II conserve ce titre de Baron de Saint-Lô.

À partir de 1789, Saint-Lô se montre très révolutionnaire. En 1794, elle prend même provisoirement le nom de « Rocher de la Liberté ». Pour récompenser son activisme, la ville devient en 1795 préfecture, honneur initialement échu à Coutances.

La période napoléonienne voit la création du Haras national.

La création du canal de Vire et Taute en 1833 permet d'établir la liaison entre Carentan et Saint-Lô.

Le Baron Alfred Mosselman construit un port à Saint-Lô en recrutant près de 250 détenus militaires et prisonniers espagnols. Plusieurs marchandises sont transportées mais principalement la tangue et la chaux. En 1867, la papeterie de Valvire est construite près du déversoir et fabrique du papier d'emballage. Elle est détruite par un incendie en 1930 et de l'usine il ne reste plus que la cheminée.

 

La seconde guerre mondiale : de l’Occupation à la Libération

Le 17 juin 1940 les premiers éléments de l’armée allemande font leur entrée à Saint-Lô. Dès le lendemain matin, les établissements publics sont occupés.

En 1942, les statues de Havin et de la « Laitière Normande », sont livrées à la récupération et fournissent 779 kg de métal produisant une somme de 23 370 francs que la ville va encaisser. En mars 1943, les Allemands commencent les travaux de creusement sous le rocher des galeries et salles destinées à abriter un hôpital souterrain.

En 1944, à la suite d’un attentat commis rue des Noyers, contre un soldat allemand, les autorités allemandes décident l’arrestation d’un certain nombre de personnes, le dépôt à la mairie de tous les postes de T.S.F., la fermeture des cinémas, théâtres, cafés, bars et locaux de divertissements, l’avancement du couvre-feu à 20 heures.

À l’aube du 6 juin, les Alliés débarquent. Vers 20 heures, la ville est bombardée. La nuit du 6 au 7 juin sera « la nuit du feu ».

À 4h30, le 17 juillet, le Major Howie, et son 3e bataillon franchissent les lignes allemandes à Martinville et vers 6 heures atteignent la position du 2e bataillon du 116e régiment d’infanterie du Major S. Bingham, isolé au carrefour de la Madeleine. Vers 7h45 le Major Howie est mortellement  blessé par un éclat d'obus de mortier. Le 18 juillet, à 18 heures, la Task Force C de la 29e division U.S. entre dans Saint-Lô. On dépose la dépouille du Major Howie sur les restes du clocher de Sainte-Croix pour rendre hommage à son courage, lui qui s'était promis d'être le premier soldat à entrer dans la ville. La ville restera sous le feu de l’artillerie ennemie jusqu’au 24, laissant près de 500 victimes et une cité détruite à 95 %.

 

Après 1944 : La renaissance et la Reconstruction de Saint-Lô

Le 24 novembre 1944, le ministre de la Reconstruction nomme André Hilt architecte en chef chargé de la reconstruction de la ville de Saint-Lô, détruite à 95 %.

L'association du Don Suisse débloque des crédits pour construire des baraques provisoires en bois. La dernière baraque de la cité Falourdel est détruite en 1994.

La Croix-Rouge irlandaise participe à la construction d'un hôpital constitué de 25 bâtiments (situé au niveau du collège Pasteur). L’hôpital est inauguré le dimanche 7 avril 1946 et l'équipe médicale irlandaise quitte Saint-Lô au début de janvier 1947.

La première pierre de la reconstruction de Saint-Lô est posée en 1948, rue Saint-Thomas, par Vincent Auriol, Président de la République, qui, en outre, remet à la ville la Légion d’Honneur et la Croix de guerre, le 6 juin.

Dès janvier 1947, le peuple américain ému des dommages qu’il a causés à la ville de Saint-Lô fonde « l’aide américaine à la France » et collecte les fonds nécessaires à la construction du nouvel hôpital.
Les plans sont réalisés par l'architecte Paul Nelson, qui construit un bâtiment de style contemporain. Il est situé route de Villedieu.

Les travaux commencent dès 1949, et sont achevés le 10 mai 1956. Une mosaïque monumentale est réalisée par Fernand Léger, qui rend hommage à la paix et à l'amitié franco-américaine.

La préfecture revient à Saint-Lô en 1953.

La commune profite de l'essor économique des Trente Glorieuses et la population s'accroît de 30 % entre 1968 et 1975.

On construit des quartiers d'immeubles dans le vallon de la Dollée (1965) et du Val Saint-Jean (1970).

Le théâtre est, quant à lui, inauguré en 1963.

La ville continue son expansion en absorbant les deux communes voisines (Sainte-Croix-de-Saint-Lô et Saint-Thomas-de-Saint-Lô).

 

 

Des années 1980 à nos jours : le développement des services et la modernisation de Saint-Lô

 

En 1980, les premiers transports urbains sont mis en route.

La Cuisine Centrale est mise en route en novembre 1983. Elle peut préparer chaque jour jusqu'à 1500 repas, notamment pour les cantines scolaires. Elle sera remplacée en 2010 par le GIP Ville-Hôpital Mémorial.

Le Centre Culturel Jean Lurçat ouvre ses portes en 1989.

La place Général de Gaulle est complètement réaménagée en 1994.

En septembre 1997, les Saint-Lois découvrent le nouvel aménagement paysager de la rue Torteron.

Les bords de la Vire sont réaménagés avec la réhabilitation du chemin du halage et la création d'une plage verte, place du quai à Tangue. En 2001 la Passerelle Henri Liébard est posée entre les deux ponts sur la Vire.

En novembre 2005, Saint-Lô est relié à l'A84 suite à l'ouverture de la RN 174 (2 x 2 voies).

Le Centre aquatique est inauguré en 2005, en présence de Hugues Duboscq, médaillé aux Jeux Olympiques d'Athènes. En mai 2007, c'est au tour du Parc urbain et du Golf compact.

Le multiplexe Cinémoviking ouvre ses portes en avril 2009, sur les bords de Vire.

Le 9 mai 2010, 3 500 habitants du centre-ville sont évacués pour permettre le désamorçage d'une bombe de 500 kg, découverte lors de travaux de voirie.

Le 27 avril 2011, à l'occasion d'une exposition consacrée à sa famille au musée des beaux-arts, le Prince Albert II de Monaco effectue une visite à Saint-Lô.

Lors des festivités 70e anniversaire de la Libération de Saint-Lô 2014, la Ville de Saint-Lô a eu le plaisir d’accueillir et d’honorer Max Robin, « L'enfant des Ruines », retrouvé 70 ans après les événements.

 

 

 

2015 à nos jours : Saint-Lô, une ville attractive et dynamique

 

En 2015, le festival Les Rendez-Vous Soniques est annualisé.

Pour lutter contre la vétusté de certains logements du centre-ville et afin d’encourager la rénovation de ces habitations par leurs propriétaires, Saint-Lô lance le dispositif POPAC pour apporter une expertise technique et économique aux copropriétaires 2016-2018.

En mai 2016, la nouvelle place du Champ de Mars est inaugurée.

Le dimanche 2 juillet 2016, Saint-Lô accueille le départ de la 2e étape du Tour de France (Saint-Lô-Cherbourg). Plus de 30 000 personnes sont présentes dans les rues de la ville.

En janvier 2017, le centre-ville de Saint-Lô est élu le plus attractif des petites villes moyennes de France par la fédération du commerce spécialisé Procos.

En novembre 2017, dans le cadre de son projet de redynamisation du centre-ville, le projet « Reconquérir le cœur de Saint-Lô » est lauréat de l’appel à projet « Renforcement de l'attractivité des centres des villes reconstruites » lancée par la Région Normandie et bénéficiera d’un accompagnement financier de celle-ci.

Après d’importants travaux, à partir du 1er décembre 2017, l’accueil de l’hôtel de ville est réaménagé permettant un accueil du public plus confidentiel et de meilleures conditions de travail des agents municipaux. Le patrimoine architectural de Marcel Mersier, architecte de la Reconstruction et concepteur de l’hôtel de ville, est également revalorisé à l’occasion de ces travaux.

En juin 2017, la Ville de Saint-Lô (à hauteur de 20 %), Saint-Lô Agglo, le Département de la Manche et la Région Normandie deviennent propriétaires du Haras National de Saint-Lô, et adhèrent au syndicat mixte du Pôle hippique.

Dans le cadre de ses grands projets urbain, la ville engage d’important travaux de rénovation à l’ancienne école Calmette et Guérin afin d’accueillir la nouvelle maison de la vie associative. Elle est inaugurée le 7 avril 2018.

Le 21 septembre 2018, deux ensembles municipaux, symboles de l’architecture de la Reconstruction de Saint-Lô, sont inscrits au titre des monuments historiques : l’hôtel de ville et la halle-beffroi, le théâtre et la salle des fêtes Allende. Saint-Lô confirme ainsi son statut de capitale de la Reconstruction.