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Historique : la ferme de Boisjugan

Origine de Boisjugan, un nom

Nous trouvons mention dans les archives d’une famille Jugan en 1375 à Saint-Jean de Daye (situé au Nord de Saint-Lô). Elle donne son nom à une terre qui prend le nom de Boisjugan. Par alliance, cette terre devient propriété des Le Painteur dont un descendant, vers la fin du XVIe siècle, est nommé lieutenant de la vicomté de Saint-Lô. Il est probablement le premier Le Painteur à posséder une terre à Saint-Lô à laquelle il donne également le nom de Boisjugan. Le domaine appartient à cette famille de lieutenants du comte de Matignon, seigneur de Saint-Lô, pendant plusieurs générations jusqu’en 1696. Nous ne connaissons pas, faute d’archives, (détruites en 1944) les propriétaires de Boisjugan au XVIIIe siècle, mais nous savons que le domaine était loué à des fermiers. Comme la famille Lebrun peu avant 1789. En 1808, Boisjugan appartient à Pierre Lemarinel, tanneur à Saint-Lô. Son beau-fils, Louis La Brasserie, avocat à Saint-Lô, après le décès de son épouse, se marie à la soeur de celle-ci (comme la loi le permet depuis la Révolution). Il rachète ensuite les parts de ses beaux frères et belles soeurs et rassemble ainsi le domaine. En 1881, sa veuve vend le domaine à Arsène Morel, originaire de Saint-Vigor des Monts.

Le nouveau propriétaire loue Boisjugan à deux fermiers et sépare la maison d’habitation en deux logements. Entre 1900 et 1938, se succèdent alors, les familles Blouet, Gravey, Baudet et Baude. En 1938, la famille Enguehard s’installe à Boisjugan. Elle loue la totalité du domaine, mais la propriétaire Louise Morel réserve à son usage personnel l’extrémité Est de la maison.

6 Juin 1944, une nuit de feu

La ville de Saint-Lô est presque totalement détruite par un déluge de bombes. Des centaines d’habitants se réfugient à Boisjugan, situé à l’écart de la ville et des bombardements. Pour toutes ces personnes accueillies avec générosité par la famille Enguehard, la survie s’organise à la ferme jusqu’à l’évacuation des réfugiés par l’armée allemande le 9 juillet. Toutes les familles, y compris la famille Enguehard, doivent partir pour un exode vers le sud qui durera plusieurs semaines.

1945-1982, la modernisation de la ferme

Louis Enguehard épouse Christiane de la Rue et succède à son père. En 1959, Louis Enguehard aménage une machine à traire dans les étables voûtées et un an plus tard il achète son premier tracteur, un Anomag de 21 chevaux auquel il attelle le quertyi dont les brancards ont été remplacés par une flèche. Six ans plus tard, il acquière un autre tracteur, un M6 et une botteleuse. Louis Enguehard, comme son père, élève un troupeau de vaches laitières mais aussi des poulinières de selle pour la vente des poulains « derrière la mère ».

Naissance du musée

En 1973, Boisjugan se trouve inclus dans le périmètre de la Zone d’Aménagement Différé dite ZAD 2.
Le District Urbain de l’Agglomération Saint-Loise acquiert le domaine en 1980. Louis et Christiane Enguehard quittent la maison en 1982 pour une autre ferme de la commune. En 1983, la ville décide la création d’un musée ethnographique dans ce domaine remarquable. L’association « la Normandie Traditionnelle » fondée par Jacques Monthulé offre une partie de sa collection. L’autre partie est acquise grâce au soutien du Fonds Régional d’Acquisition des Musées. En 1986 et 1987, 1600 objets viennent enrichir le patrimoine de la ville. Le musée ouvre en 1989 pour une exposition de préfiguration dans les bâtiments d’habitation restaurés. Après plusieurs années de travaux, les autres bâtiments ouvrent au public en 2004, et offrent à la visite 800 m2 d’exposition et environ un millier d’objets sur les 3000 qui constituent désormais la collection du musée.

Ouvrage de référence : « Boisjugan, de la ferme au musée », publication de l’Association des amis des Musées Municipaux de Saint-Lô, 2005.

 

Objets rares

  • Auge de malaxage pour le beurre en hêtre, datant de 1850 et mesurant 6,08 m de long
  • Tracteur fabriqué par un agriculteur au lendemain de la guerre
  • Banne à tangue, véhicule hippomobile spécifique pour le transport des engrais marins
  • Locomobile à vapeur utilisée pour faire tourner les batteuses au début du XXe siècle
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